Située dans la mer intérieure de Seto, l’île sacrée de Miyajima accueille tout au long de l’année de nombreuses cérémonies et rituels religieux. Les mélodies du gagaku héritées de l’époque Heian, les majestueuses processions de bateaux sur la mer, et les scènes féeriques de feu et de prières du réveillon du Nouvel An… Ces événements annuels ne sont pas de simples attractions touristiques, mais le fruit cristallisé d’une foi et d’une culture transmises depuis plus de mille ans.
Les cérémonies annuelles du sanctuaire Itsukushima constituent un précieux patrimoine culturel qui perpétue les traditions japonaises jusqu’à nos jours. Les principaux festivals comme le Kangen-sai et le Tōka-sai portent en eux la culture raffinée de l’aristocratie de Heian, introduite depuis la capitale par Taira no Kiyomori. Par ailleurs, les fêtes traditionnelles locales comme le Chinka-sai témoignent du lien profond entre la vie quotidienne des insulaires et leur foi. Cet article présente les événements annuels de Miyajima saison par saison, en détaillant leur contexte historique et leur signification culturelle.

Calendrier annuel des festivals de Miyajima
Miyajima accueille diverses cérémonies et événements tout au long de l’année. Voici un récapitulatif mensuel des principales fêtes. Les dates basées sur le calendrier lunaire varient chaque année ; veuillez consulter le site officiel du sanctuaire Itsukushima ou de l’Office de tourisme de Miyajima pour plus de détails.
Janvier – Cérémonies et événements
1er janvier | Saitan-sai et cérémonie d’offrande des vêtements sacrés
Horaires : 0h00 (offrande des vêtements), 5h00 (Saitan-sai)
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
La cérémonie la plus importante pour accueillir la nouvelle année. La danse bugaku « Enbu » est exécutée après le rituel.
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
2 janvier | Futsuka-sai
Horaires : 8h30 (cérémonie), 13h00 (bugaku)
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Deux pièces de bugaku sont exécutées : « Manzairaku » et « Engiraku ».
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
3 janvier | Genshi-sai
Horaires : 9h00 (cérémonie), 13h00 (bugaku)
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Une somptueuse cérémonie avec cinq pièces de bugaku (Taiheiraku, Komabon, Kotokuraku, Ranryōō, Nasori).
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
5 janvier | Chikyū-sai
Horaire : 5h30
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Le bugaku « Batō » est aussi appelé « danse du lever du soleil » et se déroule dans une atmosphère mystique à l’aube.
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
20 janvier | Hyakute-sai (sanctuaire Ōmoto)
Horaire : 11h00
Lieu : Sanctuaire Ōmoto
Un rituel impressionnant où des flèches sont tirées sur des cibles pour prier pour de bonnes récoltes.
Février – Cérémonies et événements
11 février | Kigen-sai
Horaire : 9h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
23 février | Tenchō-sai
Horaire : 9h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Cérémonie célébrant l’anniversaire de l’Empereur. Le bugaku est exécuté après le rituel.
Mars – Cérémonies et événements
15 mars – 3 avril | Miyajima Hina-meguri
Lieu : Environ 70 sites dans la ville de Miyajima (repérables aux drapeaux roses)
Exposition de somptueuses poupées Hina transmises depuis l’époque Edo dans environ 70 lieux de l’île. Un symbole du printemps à Miyajima.
17 mars | Kinen-sai
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Un important festival pour prier pour de bonnes récoltes.
20 mars | Fête du sanctuaire Kiyomori
Horaire : 11h00
Lieu : Sanctuaire Kiyomori
Festival annuel célébré le jour anniversaire de la mort de Taira no Kiyomori. Une pièce de bugaku est exécutée à midi sur la scène Takabutai du sanctuaire Itsukushima.
23 mars (en 2025) | Festival Miyajima Kiyomori
Horaires : 13h00 – 15h30
Lieu : Esplanade devant l’embarcadère de Miyajima → Sanctuaire Itsukushima → Sanctuaire Kiyomori
Un défilé costumé reconstituant la procession du clan Taira vers le sanctuaire Itsukushima. Un événement majeur du printemps.
Avril – Cérémonies et événements
15 avril | Tōka-sai (Festival des fleurs de pêcher)
Horaire : 17h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Grand festival printanier où des fleurs de pêcher sont offertes. Dix pièces de bugaku sont exécutées du crépuscule jusqu’à la nuit, créant une atmosphère féerique.
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
15 avril | Cérémonie de marche sur le feu au Daisho-in (Festival de printemps)
Horaires : 11h00 – 15h00
Lieu : Temple Daisho-in
Le feu est allumé depuis la « flamme éternelle » qui brûle depuis environ 1 200 ans. Les participants traversent pieds nus les braises pour prier pour la bonne santé.
※ Frais de participation supplémentaires pour la marche sur le feu
16-18 avril | Tōka-sai Goshinnō (Théâtre nō du festival)
Horaire : à partir de 9h00
Lieu : Scène de nō du sanctuaire Itsukushima
Des acteurs de nō de tout le Japon se réunissent pour jouer avec les costumes transmis au sanctuaire. Les premiers et deuxièmes jours débutent par la pièce « Okina ».
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
Mai – Cérémonies et événements
5e jour du 5e mois lunaire | Festival du sanctuaire Jigozen
Horaire : 14h00
Lieu : Sanctuaire Jigozen
Un festival impressionnant avec yabusame (tir à l’arc à cheval). Le bugaku est également exécuté.
※ En 2025 : 31 mai
Juin – Cérémonies et événements
17 juin | Reisai (Grand festival annuel)
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Le plus important des grands festivals du sanctuaire Itsukushima.
5e jour du 6e mois lunaire | Ichidate-sai
Horaire : 9h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Un festival historique qui marquait autrefois le début du « marché d’été ». Cinq pièces de bugaku sont exécutées.
※ En 2025 : 29 juin
Juillet – Cérémonies et événements
17e jour du 6e mois lunaire | Kangen-sai
Horaires : 15h00 (Hatsurensan) jusqu’à tard dans la nuit
Lieu : Sanctuaire Itsukushima → Sanctuaire Jigozen → Sanctuaire Nagahama
L’un des trois grands festivals de bateaux du Japon. Cette élégante procession maritime initiée par Taira no Kiyomori possède environ 850 ans d’histoire. C’est la plus grande cérémonie du sanctuaire Itsukushima.
※ En 2025 : 11 juillet
Août – Cérémonies et événements
10 août | Grand festival Kannon des 48 000 jours
Lieu : Temple Daisho-in
On dit qu’une visite ce jour-là équivaut au mérite de 48 000 jours de prière.
17e jour du 6e mois intercalaire | I-Kangen-sai
Horaires : 18h00 – 19h00 environ
Lieu : Scène Takabutai du sanctuaire Itsukushima
Uniquement les années bissextiles du calendrier lunaire. La scène est utilisée comme un bateau pour jouer la musique kangen.
※ En 2025 : 10 août
17-18 août | Soirées de danse de Miyajima
Horaires : 19h30 – 21h00
Lieu : Mikasahama (près du grand torii)
Une danse nenbutsu traditionnelle datant de l’époque Sengoku. Un symbole de l’été auquel les touristes peuvent également participer.
24 août (les week-ends) | Tamatori-sai
Horaire : à partir de 9h00
Lieu : Mer devant le sanctuaire Itsukushima
Un rituel impressionnant où les participants se disputent une perle sacrée placée sur une estrade montée dans la mer.
Septembre – Cérémonies et événements
1er jour du 8e mois lunaire | Tanomo-san (Festival du sanctuaire Shinomiya)
Horaires : 15h00 (cérémonie), nuit (événement populaire)
Lieu : Sanctuaire Shinomiya → Côte
Désigné Bien culturel immatériel important du Japon, ce festival prie pour de bonnes récoltes. Les insulaires fabriquent des « bateaux Tanomo » qu’ils mettent à la mer.
※ En 2025 : 22 septembre
18 septembre | Festival du sanctuaire Hōkoku
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Hōkoku (Senjō-kaku)
23 septembre | Shūbun-sai (Équinoxe d’automne)
Horaire : 9h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Octobre – Cérémonies et événements
15 octobre | Kikka-sai (Festival des chrysanthèmes)
Horaire : 17h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Grand festival d’automne où des chrysanthèmes sont offerts. Dix pièces de bugaku sont exécutées du crépuscule automnal jusqu’à la nuit.
※ Droit d’entrée au sanctuaire : 300 ¥
18 octobre (en 2025) | Festival de feux d’artifice sous-marins de Miyajima
Horaires : 18h30 – 19h10 (prévisionnel)
Lieu : Au large de Miyajima
De retour après 6 ans depuis 2019. Des feux d’artifice sous-marins sur fond de site du patrimoine mondial. Toutes les places sont payantes.
23 octobre | Festival du sanctuaire Sanō
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Sanō
Trois pièces de bugaku sont exécutées pendant la cérémonie.
Novembre – Cérémonies et événements
3 novembre | Meiji-sai
Horaire : 9h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
15 novembre | Cérémonie de marche sur le feu au Daisho-in (Festival d’automne)
Horaires : 11h00 – 15h00
Lieu : Temple Daisho-in
Même rituel qu’au printemps pour prier pour la bonne santé.
20 novembre | Festival du sanctuaire Araebisu
Horaire : 11h00
Lieu : Sanctuaire Araebisu
23 novembre | Niiname-sai
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Important grand festival de gratitude pour les récoltes.
Décembre – Cérémonies et événements
5 décembre | Gochinza-sai
Horaire : 10h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Grand festival célébrant la fondation du sanctuaire Itsukushima.
31 décembre | Chinka-sai (Festival du feu)
Horaire : 18h00
Lieu : Mikasahama
Un rituel de protection contre les incendies datant de l’époque Edo. Environ 1 000 torches s’embrasent dans ce spectaculaire événement de passage à la nouvelle année.
31 décembre | Joya-sai
Horaire : 16h00
Lieu : Sanctuaire Itsukushima
Principaux festivals basés sur le calendrier lunaire
Les festivals suivants sont fixés selon le calendrier lunaire et leurs dates varient chaque année :
- Kangen-sai (17e jour du 6e mois lunaire) – juillet à août
- Festival du sanctuaire Jigozen (5e jour du 5e mois lunaire) – mai à juin
- Ichidate-sai (5e jour du 6e mois lunaire) – juin à juillet
- Tanomo-san (1er jour du 8e mois lunaire) – août à septembre
- I-Kangen-sai (17e jour du 6e mois intercalaire) – années bissextiles uniquement
Pour les dates précises de chaque année, veuillez contacter l’Office de tourisme de Miyajima (Tél. : 0829-44-2011) ou consulter le site officiel du sanctuaire Itsukushima.
Top 5 des festivals recommandés pour les visiteurs
1. Kangen-sai (17e jour du 6e mois lunaire)
L’un des trois grands festivals de bateaux du Japon, recréant les rouleaux illustrés de l’époque Heian. La procession élégante du bateau sacré sur la mer est un spectacle incontournable.
2. Tōka-sai et Kikka-sai (15 avril et 15 octobre)
Des festivals somptueux avec dix pièces de bugaku chacun. Le bugaku dans l’enceinte illuminée crée une atmosphère féerique.
3. Chinka-sai (31 décembre)
Un impressionnant festival du feu où de grandes torches s’embrasent. Une expérience unique pour le passage à la nouvelle année.
4. Soirées de danse de Miyajima (17-18 août)
Une danse traditionnelle du bon à laquelle les touristes peuvent participer. Danser avec le grand torii en arrière-plan est un souvenir inoubliable.
5. Miyajima Hina-meguri (15 mars – 3 avril)
Exposition de poupées Hina historiques dans environ 70 lieux de l’île. Profitez d’une promenade printanière à Miyajima.
Contexte historique des événements annuels de Miyajima
Des origines remontant à l’époque Heian
La plupart des événements annuels de Miyajima ont débuté à la fin de l’époque Heian, lorsque Taira no Kiyomori vénérait le sanctuaire Itsukushima et fit construire les pavillons. Kiyomori commença à vouer une profonde dévotion au sanctuaire Itsukushima dès sa nomination comme gouverneur d’Aki en 1146 (Kyūan 2), et acheva les magnifiques pavillons maritimes actuels en 1168 (Nin’an 3). Au cours de ce processus, la culture raffinée de la capitale fut introduite à Miyajima, et des événements annuels comme le Kangen-sai et le bugaku furent établis.
Le Kangen-sai initié par Taira no Kiyomori adapta en rituel religieux le « kangen no asobi » (divertissement musical) que pratiquaient les aristocrates de Heian sur les étangs et les rivières. Ce divertissement élégant de la capitale fut ainsi élevé au rang de cérémonie sacrée pour réjouir les divinités sur la scène grandiose de la mer intérieure de Seto. La forme fondamentale des cérémonies établie à cette époque a été préservée et transmise pendant plus de 850 ans jusqu’à nos jours.
Transmission et développement du Moyen Âge à l’époque moderne
Même après la chute du clan Taira, les cérémonies de Miyajima ont continué à être transmises sans interruption. De l’époque Kamakura à l’époque Muromachi, le sanctuaire Itsukushima jouissait de la vénération des guerriers de tout le pays, et les rituels continuaient d’être célébrés. À l’époque Sengoku, après sa victoire à la bataille d’Itsukushima, Mōri Motonari commença à offrir des représentations de nō à partir de 1563 (Eiroku 6), enrichissant ainsi la culture des arts du spectacle.
À l’époque Edo, Miyajima passa sous l’administration du domaine de Hiroshima (Geishū), et sous la protection du clan Asano, les cérémonies s’enrichirent davantage. C’est durant cette période que des événements folkloriques enracinés dans la région, comme le Chinka-sai, s’établirent, créant une culture festive unique où les rituels du sanctuaire et les événements locaux se fusionnèrent. L’animation des marchés saisonniers au printemps, en été et en automne témoignait également du lien entre cérémonies et commerce.
La restauration de Meiji et la transformation des cérémonies
La séparation du shintoïsme et du bouddhisme imposée par la restauration de Meiji eut un impact majeur sur les événements annuels de Miyajima. Le Chinka-sai, jusqu’alors dirigé par les yamabushi (moines ascétiques de montagne), devint une cérémonie du sanctuaire Itsukushima après l’ère Meiji. De plus, avec l’adoption du calendrier grégorien, des changements se produisirent comme le renommage du grand festival de printemps Ōmiya-sai en « Tōka-sai ».
Cependant, au milieu de ces changements, l’essence des cérémonies fut préservée. La tradition du bugaku s’est poursuivie sans interruption, et le Kangen-sai continue d’être célébré selon le calendrier lunaire. Le grand torii actuel fut reconstruit en 1875 (Meiji 8), et à travers les ères Shōwa, Heisei et Reiwa, les cérémonies de Miyajima ont été transmises jusqu’à nos jours tout en préservant leurs traditions.
Les principales cérémonies au fil des saisons
Les événements du Nouvel An et les représentations de bugaku
L’année de Miyajima commence avec le Chinka-sai de la Saint-Sylvestre. Le 31 décembre à 18h00, environ 1 000 torches grandes et petites s’embrasent à Mikasahama dans ce rituel de protection contre les incendies perpétué depuis l’époque Edo. Autrefois appelé « Misoka Yamabushi » et dirigé par les moines ascétiques, ce festival est devenu une cérémonie du sanctuaire Itsukushima après l’ère Meiji. Le spectacle des insulaires portant les grandes torches en scandant « Taimatsu, Yoi Yoi » est impressionnant et crée une scène digne de clore l’année.
Le jour de l’an, le sanctuaire Itsukushima ouvre ses portes à minuit et le Saitan-sai est célébré. Après la cérémonie, une pièce de bugaku est exécutée pour célébrer le début de la nouvelle année. Le 2 janvier lors du Futsuka-sai, deux pièces « Manzairaku » et « Engiraku » sont jouées, tandis que le 3 janvier lors du Genshi-sai, cinq pièces dont « Taiheiraku » sont exécutées. Durant les trois premiers jours de l’an, on peut ainsi profiter quotidiennement du bugaku. Ces danses bugaku furent introduites par Taira no Kiyomori depuis le temple Shitennō-ji d’Osaka et ont été transmises depuis la fin du XIIe siècle jusqu’à nos jours, constituant un art traditionnel précieux.
Le 20 janvier se tient le Hyakute-sai. Ce rituel combine la cérémonie de l’arc du sanctuaire Itsukushima et le tir aux cibles du sanctuaire Ōmoto. On peut y observer l’impressionnante cérémonie où des flèches sont tirées sur des cibles pendant le rituel. Cette série d’événements du Nouvel An, qui prient pour la paix de l’année et les bonnes récoltes, est chérie par les insulaires et les pèlerins.
Le Tōka-sai printanier et le nō sacré
Le Tōka-sai célébré le 15 avril est un grand festival printanier où des fleurs de pêcher sont offertes aux divinités. À partir de 17h00, sur la scène Takabutai du sanctuaire Itsukushima, dix pièces de bugaku sont exécutées : Enbu, Manzairaku, Engiraku, Tōrika, Ikkyoku, Soriko, Sanju, Kitoku, Ranryōō, Nasori et Chōkeishi. Le bugaku, exécuté du crépuscule jusqu’à la nuit avec le grand torii illuminé en arrière-plan, crée une atmosphère féerique.
Les trois jours suivant le Tōka-sai, du 16 au 18 avril, le Tōka-sai Goshinnō est présenté. Le nō d’Itsukushima trouve son origine lorsque Mōri Motonari, après sa victoire à la bataille d’Itsukushima en 1555 (Kōji 1), commença à en offrir régulièrement à partir de 1563 (Eiroku 6). En 1568 (Eiroku 11), le maître Kanze descendit à Miyajima et des représentations eurent lieu dans les pavillons du sanctuaire et à la résidence du gardien Fusaaki, comme le relate le « Fusaaki-ki ». Aujourd’hui encore, des acteurs de nō et de kyōgen de tout le Japon se réunissent pour jouer diverses pièces revêtus des costumes et masques transmis au sanctuaire Itsukushima.

Le Kangen-sai d’été – L’un des trois grands festivals de bateaux du Japon
Le Kangen-sai, célébré le 17e jour du 6e mois lunaire, est la plus grande cérémonie du sanctuaire Itsukushima et l’un des trois grands festivals de bateaux du Japon, avec le Tenjin Matsuri d’Osaka et le Hōran Enya de Matsue. Ce festival, que l’on dit avoir été initié par Taira no Kiyomori, adapta en rituel religieux le « kangen no asobi » (divertissement musical) des aristocrates de Heian, et possède plus de 850 ans d’histoire.
Le choix du 17e jour du 6e mois lunaire s’explique par les conditions de marée et la beauté de la lune. Cette nuit-là, la marée est haute, facilitant la navigation du bateau sacré, et la lune proche de la pleine lune éclaire magnifiquement les alentours. Bien que d’autres jours d’été présentent des marées hautes, cette date fut choisie pour éviter les risques de typhon.
À 15h00, le Hatsurensan est célébré au sanctuaire principal d’Itsukushima, puis le bateau sacré portant l’esprit divin part du large du grand torii vers le sanctuaire Jigozen sur la rive opposée. Autrefois, Miyajima étant considérée comme « l’île des dieux », il était interdit aux humains d’y résider, et les serviteurs du sanctuaire faisaient l’aller-retour en bateau depuis la côte opposée. En souvenir de cette époque, le Kangen-sai suit un itinéraire passant du sanctuaire Itsukushima au sanctuaire Jigozen, puis aux sanctuaires Nagahama et Ōmoto avant le retour.
Le point culminant du Kangen-sai est le « funtai-mawashi » (rotation du bateau), lorsque le bateau sacré de retour au sanctuaire Itsukushima tourne trois fois dans l’espace étroit du « masugata » du corridor tout en jouant la musique kangen. Le bateau sacré, illuminé par les feux de joie et les lanternes, tournant élégamment au son du gagaku, évoque véritablement les rouleaux illustrés de l’époque Heian. La technique pour faire tourner dans un espace restreint un bateau composé de trois embarcations japonaises assemblées est le fruit de la maîtrise des bateliers transmise de génération en génération.
Le Kikka-sai d’automne et les fêtes folkloriques
Lors du Kikka-sai du 15 octobre, comme pour le Tōka-sai, dix pièces de bugaku sont exécutées sur la scène Takabutai. Le bugaku, qui se déroule du crépuscule automnal jusqu’à la nuit, offre une atmosphère différente du printemps et enchante les visiteurs. Le Kikka-sai est un festival où des chrysanthèmes sont offerts aux divinités, exprimant également la gratitude pour les récoltes d’automne.
Le 1er jour du 8e mois lunaire (jour de Hassaku), le festival du sanctuaire Shinomiya « Tanomo-san » est célébré. Les insulaires prient pour de bonnes récoltes et fabriquent des « bateaux Tanomo » qu’ils rassemblent au sanctuaire Shinomiya dans la vallée des Érables pour recevoir la purification avant de les mettre à la mer. Cet événement est désigné Bien culturel immatériel important du Japon et est préservé comme une précieuse tradition où la vie et la foi des habitants de Miyajima sont intimement liées.
En août, les soirées de danse de Miyajima sont également organisées. La danse nenbutsu mystique « Miyajima Odori », transmise depuis l’époque Sengoku, est exécutée deux soirs de suite à Mikasahama près du grand torii. Ces événements d’été à automne sont des occasions précieuses pour les insulaires de remercier pour les récoltes de l’année et la paix, et de rendre hommage à leurs ancêtres.

Signification culturelle transmise par les cérémonies
La transmission du gagaku et du bugaku
L’un des éléments culturels les plus importants des événements annuels de Miyajima est la transmission du gagaku et du bugaku. Le bugaku, musique et danse venues depuis l’Inde via la Chine et la péninsule coréenne jusqu’au Japon dans l’Antiquité, ne subsiste plus aujourd’hui dans son pays d’origine l’Inde, ni au Vietnam, en Chine ou en Corée. Au Japon, il ne subsiste qu’en quelques lieux comme l’Agence de la Maison impériale, le temple Shitennō-ji d’Osaka et le sanctuaire Itsukushima de Miyajima, ce qui en fait un patrimoine culturel extrêmement précieux à l’échelle mondiale.
Depuis que Taira no Kiyomori transféra le centre musical du temple Shitennō-ji d’Osaka à Miyajima à la fin du XIIe siècle, une vingtaine de pièces comme Ranryōō, Nasori, Manzairaku et Engiraku ont été transmises au sanctuaire Itsukushima. Ces danses bugaku ne sont pas de simples spectacles, mais des rituels sacrés pour réjouir les divinités et prier pour la paix du pays. L’exécution du bugaku lors de diverses cérémonies tout au long de l’année permet la transmission ininterrompue de ce précieux art traditionnel.
Une forme de cérémonie liant la mer et la foi
La caractéristique des événements annuels de Miyajima réside dans leur forme cérémonielle intégrant habilement l’environnement naturel de la mer intérieure de Seto. La procession maritime du Kangen-sai transmet jusqu’à nos jours la forme de foi antique où l’île entière de Miyajima était vénérée comme « l’île des dieux », l’île elle-même étant considérée comme un corps divin. La sagesse de fixer les dates selon le calendrier lunaire en tenant compte des marées et d’intégrer la beauté de la pleine lune aux cérémonies témoigne de l’attitude des ancêtres vivant en harmonie avec la nature.
De plus, la forme de l’aller-retour vers le sanctuaire Jigozen sur la rive opposée est un vestige de l’époque où il était interdit aux humains de résider sur l’île, et témoigne de la nature particulière de Miyajima en tant que domaine sacré. Les cérémonies maritimes sont le fruit de la fusion entre l’originalité de Kiyomori qui éleva les divertissements élégants des aristocrates de Heian au rang de rituels divins, et les caractéristiques géographiques de Miyajima, carrefour du trafic maritime de la mer intérieure de Seto.
Relation entre la communauté locale et les cérémonies
Les événements annuels du sanctuaire Itsukushima sont profondément liés non seulement au sanctuaire, mais aussi à la vie des insulaires. Lors du Chinka-sai, les insulaires portent les grandes torches en défilant, et lors du Tanomo-san, chaque foyer fabrique des bateaux Tanomo qu’ils mettent à la mer. Ces événements folkloriques renforcent la cohésion de la communauté locale et jouent un rôle de transmission des traditions entre les générations.
Lors du Kangen-sai, les habitants des quartiers fournissent les bateaux d’escorte ou accueillent le bateau sacré avec des processions de lanternes, toute l’île soutenant ainsi les cérémonies. Par ces événements participatifs, la culture traditionnelle est transmise aux jeunes générations et l’unité de l’île se renforce. Si les touristes sont plus nombreux ces dernières années, l’essence des cérémonies reste ancrée dans la foi et la vie des insulaires.
La valeur des cérémonies transmises jusqu’à nos jours
Les événements annuels de Miyajima continuent d’être transmis sous leur forme originelle même à l’époque Reiwa actuelle. Depuis l’inscription au patrimoine mondial en 1996, de nombreux touristes nationaux et internationaux visitent l’île, mais l’essence des cérémonies est préservée. Le Kangen-sai est toujours célébré le 17e jour du 6e mois lunaire, le bugaku conserve le même répertoire qu’à l’époque Heian, et lors du Chinka-sai, les insulaires portent toujours les grandes torches pour prier contre les incendies.
Si ces cérémonies ont perduré jusqu’à nos jours, c’est parce que Miyajima est restée un lieu de dévotion à travers les âges. De Taira no Kiyomori à l’époque Heian, Mōri Motonari à l’époque Sengoku, le clan Asano à l’époque Edo, jusqu’aux gens d’aujourd’hui, de nombreuses personnes à travers les époques ont vénéré le sanctuaire Itsukushima et soutenu ses cérémonies. Malgré le développement touristique, le caractère sacré et traditionnel des cérémonies reste intact.
La valeur des événements annuels de Miyajima à l’époque moderne ne se limite pas à la simple préservation des traditions. Le Kangen-sai et le bugaku, en tant que patrimoines culturels uniques au monde, jouent un rôle de diffusion de la magnificence des arts traditionnels japonais au niveau national et international. De plus, les événements folkloriques comme le Chinka-sai et le Tanomo-san renforcent les liens de la communauté locale et, dans une société moderne en rapide mutation, nous rappellent l’importance des relations humaines.
Par ailleurs, la fixation des dates selon le calendrier lunaire et la célébration des rituels en tenant compte des marées témoignent de la sagesse de vivre en accord avec les rythmes de la nature. L’intégration dans les cérémonies des phénomènes naturels comme les phases de la lune et le mouvement des marées nous enseigne l’importance de l’harmonie avec la nature, que les contemporains ont tendance à oublier. Ces événements annuels de Miyajima, porteurs de valeurs multiples, constituent une précieuse ressource culturelle à transmettre du passé vers l’avenir.

FAQ
Quand le Kangen-sai a-t-il lieu ?
Le Kangen-sai est célébré chaque année le 17e jour du 6e mois lunaire. Dans le calendrier grégorien, cela correspond généralement à juillet ou août, mais la date varie selon les années. Le 17e jour du 6e mois lunaire a été choisi car cette nuit-là la marée est haute, facilitant la navigation du bateau sacré, et la lune proche de la pleine lune offre une belle luminosité. Les dates précises sont disponibles sur le site officiel de l’Office de tourisme de Miyajima.
Quand peut-on voir les représentations de bugaku ?
Le bugaku est exécuté lors de plusieurs cérémonies tout au long de l’année. Les principales sont le Saitan-sai (1er janvier), le Futsuka-sai (2 janvier), le Genshi-sai (3 janvier), le Tōka-sai (15 avril) et le Kikka-sai (15 octobre). Le Tōka-sai et le Kikka-sai présentent chacun dix pièces de bugaku, offrant un spectacle particulièrement riche. Le droit d’entrée au sanctuaire Itsukushima est de 300 ¥.
Peut-on acheter les petites torches du Chinka-sai ?
Oui, elles sont disponibles à l’achat. Les petites torches fabriquées par la section jeunesse de l’association commerciale de Miyajima sont en vente à l’association commerciale de Miyajima à partir de mi-décembre. Elles sont également vendues à l’embarcadère de Miyajima entre 16h et 17h environ le 31 décembre. Le prix est de 1 000 ¥ la pièce. Une fois allumées au feu sacré de la grande torche, ces petites torches sont conservées comme talismans contre les incendies sur l’autel domestique ou dans la cuisine.
Qu’est-ce que le Tōka-sai Goshinnō ?
Le Tōka-sai Goshinnō est une série de représentations de nō et de kyōgen offerts sur la scène de nō du sanctuaire Itsukushima pendant trois jours à partir du 16 avril, lendemain du Tōka-sai. Des acteurs de nō et de kyōgen de tout le Japon se réunissent pour jouer vêtus des costumes et masques de nō transmis au sanctuaire Itsukushima. Les premiers et deuxièmes jours commencent par la pièce « Okina », et chaque jour présente un programme de cinq pièces de nō. L’entrée au sanctuaire Itsukushima coûte 300 ¥.
Qu’est-ce que le Tanomo-san ?
Le Tanomo-san est un événement folklorique célébré le 1er jour du 8e mois lunaire (jour de Hassaku), officiellement appelé festival du sanctuaire Shinomiya. Les insulaires fabriquent de petits bateaux appelés « bateaux Tanomo » pour prier pour de bonnes récoltes, les rassemblent au sanctuaire Shinomiya dans la vallée des Érables pour recevoir la purification, puis les mettent à la mer. C’est un événement traditionnel désigné Bien culturel immatériel important du Japon.
Les touristes peuvent-ils assister aux événements annuels ?
Oui, la plupart des événements annuels sont librement accessibles aux touristes. Les événements en plein air comme le Kangen-sai et le Chinka-sai peuvent être observés librement. Pour les cérémonies avec représentation de bugaku, le droit d’entrée au sanctuaire Itsukushima (300 ¥ pour les adultes) est nécessaire, mais vous pourrez voir le bugaku de près sur la scène Takabutai. Cependant, l’utilisation de trépieds, d’escabeaux et de drones est interdite.
Y a-t-il beaucoup de monde les jours de festival ?
Les jours des principaux festivals comme le Kangen-sai ou le Tōka-sai attirent de nombreux visiteurs. Le jour du Kangen-sai en particulier, environ 15 000 touristes affluent, provoquant une forte affluence sur les ferries et au parking de Miyajimaguchi. De la Saint-Sylvestre au Nouvel An, la foule des visiteurs du Hatsumōde (première visite de l’année) est également importante, mais des ferries supplémentaires sont mis en service. Pour éviter la foule, nous vous recommandons d’arriver tôt.
Conclusion
Les événements annuels de Miyajima constituent un précieux patrimoine culturel transmis depuis plus de 850 ans, de l’époque Heian à nos jours. Le Kangen-sai, initié par Taira no Kiyomori, est l’un des trois grands festivals de bateaux du Japon, et chaque année, le 17e jour du 6e mois lunaire, une majestueuse procession maritime se déploie sur la mer. Lors du Tōka-sai et du Kikka-sai, le bugaku transmis depuis l’époque Heian est exécuté, et ses silhouettes élégantes continuent d’enchanter les visiteurs.
Les événements folkloriques comme le Chinka-sai de la Saint-Sylvestre et le Tanomo-san du 1er jour du 8e mois lunaire, qui lient la vie et la foi des insulaires, sont également précieusement préservés. Ces événements annuels ne sont pas de simples attractions touristiques, mais incarnent la foi envers les divinités, l’harmonie avec la nature et les liens de la communauté locale. Malgré l’inscription au patrimoine mondial et l’attention internationale, l’essence des cérémonies continue d’être transmise sans changement.
Aujourd’hui encore, la fixation des dates selon le calendrier lunaire et la célébration des rituels en tenant compte des marées témoignent de la sagesse de vivre en accord avec les rythmes de la nature. Assister aux événements annuels de Miyajima permet de ressentir en profondeur la richesse de la culture traditionnelle japonaise et les efforts des personnes qui l’ont préservée pendant plus d’un millénaire. Les paysages culturels de Miyajima, tissés par les cérémonies des quatre saisons, constituent un patrimoine précieux à transmettre du passé vers l’avenir.
Références et sources
- Office de tourisme de Miyajima : Calendrier des événements
- Office de tourisme de Miyajima : Kangen-sai
- Office de tourisme de Miyajima : Chinka-sai
- Office de tourisme de Miyajima : Tōka-sai et Kikka-sai
- Office de tourisme de Miyajima : Tōka-sai Goshinnō
- Office de tourisme de Miyajima : Bugaku
- Wikipedia : Kangen-sai
- Site officiel du sanctuaire Itsukushima : Événements annuels